Serge Plagnol
La peindre en amitié
Exposition du 9 septembre au 10 octobre
« Talisman, hommage ou célébration, signes d’une confiance du monde ou d’une révolte, la peinture accompagne en amitié les humains depuis la nuit des temps. Parfois tragique, elle est le plus souvent la promesse d’une Félicité. » — Serge Plagnol
Aussi loin qu’on puisse remonter dans le récit de la vie de Serge Plagnol, le fait de peindre est là et s’avère pour lui la condition d’être au monde. Cet Homo Pictor ne cherche pas dans l’acte de dessiner et de peindre un statut, car au terme de ses décennies de travail, il faudra reconnaître qu’il n’a rien d’un Rastignac, qu’il a trop souvent négligé d’exploiter les voies qui lui étaient ouvertes, en préférant un mode de vie qui permettait à son désir de s’épanouir, non sur l’arène sociale, mais dans le cadre de sa réalisation intime. Serge Plagnol n’est pas un stratège, mais parcourir comme le fait cette exposition cinquante ans de ce que sa main a laissé, nous convainc, au-delà de l’amitié, qu’il y a un œuvre.
Né en 1951 à Toulon, Serge Plagnol est un peintre, graveur et lithographe français dont l’œuvre s’épanouit dans une « représentation allusive » à la frontière entre figuration et abstraction. Formé à l’histoire de l’art et ancien enseignant aux Beaux-Arts de Toulon et de Nîmes, il puise son inspiration dans la lumière méditerranéenne pour capturer des « instants traversés », où les paysages végétaux et les corps féminins se fondent harmonieusement.
Exposé dès 1984 au Musée de Toulon et présent dans de prestigieuses collections publiques et privées (dont le Musée d’Art Moderne de Paris, la Fondation Cartier et le FNAC), Plagnol célèbre une peinture de la sensation, du mouvement et de l’immersion sensorielle dans la nature.
« On voit des couleurs, des lignes, des formes : on ne pense pas que leur combinaison constitue une matière quelque peu paradoxale parce que son épaisseur est visuelle, donc aérienne. Dans cette épaisseur-là – épaisse comme un souffle –, la peinture fait graviter la vue. » — Bernard Noël
« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais à cause de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. » — François Cheng

